Service minimum d'accueil : Sarkozy sur le point de reculer pour les communes ruralesC'est le Président lui même qui s'est chargé de l'annoncer en clôture du congrès des maires de France : le Service Minimum d'Accueil sera revu pour les communes rurales. Reste à préciser, lors d'une réunion de travail avec les associations d'élus, les modalités pratiques, notamment en fixant la taille de référence.
"On doit parvenir à un accord, y compris sur les référés. Je comprends parfaitement le sentiment d'injustice des maires traînés devant les tribunaux, alors qu'ils n'ont pas les moyens de mettre en oeuvre le dispositif. Je veux, dès la semaine prochaine, recevoir le bureau de l'Association des maires de France, avec les ministres concernés, y compris le ministre de l'Education nationale."
C'est par ces mots que le président de la République a tenté de désarmorcé dans son discours de clôture du 91ème congrès des maires de France la gronde des élus locaux concernant la mise en place du service d'accueil minimum. Une loi inapplicable pour les communes rurales qui a pour effet de placer dans l'illégalité les maires qui ne peuvent pas la déployer. Pour faire bonne figure et redorer le blason d'un ministre aux abonnés absents - Xavier Darcos n'a pas souhaité participer au congrès des Maires -, Nicolas Sarkozy a annoncé que les référés déposés par les préfets contre les maires n'appliquant pas la loi seraient annulés.
Le président Sarkozy a joué une partition très classique en politique : diviser pour mieux régner ou opposer les uns aux autres. Il a dit : "On ne peut pas demander la même obligation au maire d'un secteur rural qui n'a pas un seul employé titulaire du BAFA [brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur] qu'au maire de la capitale de la France. Je fais la différence entre celui qui ne peut pas appliquer la loi et celui qui en fait un acte militant." Bertrand Delanoë, le maire de Paris appréciera, lui qui refuse d'appliquer le SMA. Pour autant, on se demande comment une grande agglomération peut matériellement mettre en place un tel service.
On guettera avec attention la réaction de ceux qui hier étaient pour le SMA, mais qui n'avaient pas été concernés en raison de la non mobilisation des enseignants, et qui aujourd'hui salueront avec la même bonne foi la décision du chef de l'Etat. Ce faisant, la mobilisation des associations d'élus locaux, notamment l'Association des maires ruraux de France, a porté ses fruits. La semaine prochaine, un temps de rencontre est prévu avec le chef de l'Etat. Ce sera aussi l'occasion de lui demander de revoir l'article 89 concernant le financement de l'école privée et l'importance pour les communes rurales de maintenir l'accueil des petits sous la responsabilité financière de l'Education nationale. Le lien pour visualiser la video de l'intervention de N. Sarkozy Vendredi 28 Novembre 2008
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