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Développement durable : Ou comment repenser la vie de la cité


Développement durable. Deux mots clés pour un concept qui, depuis 1987 et les conclusions de la commission internationale Brundtland, a connu un formidable engouement. Engouement qui s’est matérialisé en 2007 en France par le premier rendez-vous du Développement durable, le Grenelle de l’Environnement.



Développement durable : Ou comment repenser la vie de la cité
Développement durable. Deux mots clés pour un concept qui, depuis 1987 et les conclusions de la commission internationale Brundtland, a connu un formidable engouement. Engouement qui s’est matérialisé en 2007 en France par le premier rendez-vous du Développement durable, le Grenelle de l’Environnement. Entre ces deux dates et les effets parfois consternant du « marketing vert », le concept de Développement durable n’a cessé d’évoluer à mesure que tous les acteurs de l’activité humaine s’en saisissent. Pour éviter tout malentendu de départ, un point sur le contenu de ce concept aux multiples prolongements est donc nécessaire.

La définition de 1987 des Nations Unies s’expose ainsi : « un développement qui permet de satisfaire les besoins du présent sans compromettre les capacités des générations futures à répondre aux leurs ». Ce rapport rappelle le propos prêté à Antoine de Saint-Exupéry : « Nous n’héritons pas de la Terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants ». Cette définition classique du développement durable issue de la commission Brundtland (1987) a été progressivement abondée au rythme des rapports d’experts et analyses scientifiques portant sur l’état environnemental et social de la planète. Ainsi, la question n’est plus de viser la satisfaction des besoins lointains de générations futures. Par les crises environnementales et sociales que produit déjà le XXIème siècle, les besoins actuels sont d’ores et déjà compromis.

Ainsi, le concept de développement durable pourrait glisser vers la notion de "développement désirable". Ce nouveau mode de développement, facteur de croissance économique et d'emplois, serait une véritable "économie verte", fondée sur l'économie sociale et solidaire, l'éco-conception, le biodégradable, le bio, la dématérialisation, le réemploi-réparation-recyclage, les énergies renouvelables, le commerce équitable, la relocalisation...

Le tout en veillant à des relations internationales « pacifiées » respectueuses des « diversités culturelles ». Ainsi, la « paix » et la « culture » cimentent-elles depuis quelques années les principes réaffirmés par les organisations inter étatiques. Pour l’UE, il s’agit bien de « promouvoir une économie dynamique, de plein emploi, un niveau élevé d’éducation, de protection de la santé, de cohésion sociale et territoriale, ainsi que de protection de l’environnement » dans un monde « en paix et sûr, respectant la diversité culturelle ».

Dans l’introduction du plan d’action du Sommet mondial du DD de 2002 est également affirmée que « La paix, la sécurité, la stabilité et le respect des droits humains et des libertés fondamentales, notamment le droit au développement, ainsi que le respect de la diversité culturelle sont essentiels pour assurer un DD ».

Ce faisant, le concept de Développement durable se forgent aujourd’hui sur 10 principes : le progrès social, l’équilibre écologique, la diversité culturelle, l’efficacité économique, la démocratie comme objectif et moyen du DD, la responsabilité, la solidarité, la participation, la précaution, la subsidiarité. Pour résumer, le développement durable vise « une double solidarité : horizontale, à l'égard des plus démunis du moment, et verticale, entre les générations » (MARECHAL, Alternatives Economiques, n°191, Avril 2001, p.80.).

En aucune manière le DD ne peut donc apparaître comme une « science exacte ». Sur ce point, la notion d’incertitude scientifique nourrit continuellement le questionnement politique et économique et philosophique. Bien souvent, les divergences entre acteurs (ONG, entreprises, syndicats), entre écoles de pensée et modes de gouvernance (Etats-Unis, Union européenne) naissent d’une conception différente des rapports entre l’humain et la biosphère. D’un côté les tenants de la « durabilité faible » considèrent que la perte de capital naturel est compensable par l’apport de capital produit par l’humain. Dans ce cas, il s’agit de veiller à favoriser l’efficacité, le marché, la croissance, la réduction de la pauvreté par exemple. De l’autre, les tenants de la « durabilité forte » estiment que le capital naturel est une valeur, une base du vivant qu’il faut sauvegarder et réhabiliter en cas d’érosion. Il s’agit alors de valoriser l’équité, la cohésion sociale, la diversité culturelle, la régulation institutionnelle.

Par ailleurs, un autre courant de pensée porté sur la notion de décroissance vient se heurter au DD. Ses défenseurs jugent que le DD est une « contradiction dans les termes » et une nouvelle façon pour les pays développés d’imposer au Sud une nouvelle suprématie occidentale en codifiant un nouveau mode de développement, insérant d’une certaine manière les activités humaines et même l’environnement dans une dynamique marchande (le marché du carbone, de la biodiversité, les permis à polluer). La décroissance peut donc être assimilée à une approche de « durabilité la plus forte » en promouvant une décroissance forte des pays riches afin de permettre aux plus pauvres d’accéder aux besoins et services essentiels.

Cela étant dit, le Développement durable reste une démarche avant tout fondée sur un ensemble de principes que chacun s’approprie selon son identité et son domaine d’action. Ainsi, les quatre piliers du DD (Développement social et économique, Environnement et Citoyenneté) doivent être en interaction constante. Ils doivent être considérés comme indissociables, à toutes les échelles de l'organisation des sociétés humaines et des milieux qui sont les leurs. En d’autres termes, le Développement Durable est affaire locale, nationale et internationale.

Depuis la signature de la charte d'Aalborg et le sommet de la Terre de Rio de Janeiro, les territoires sont placés au cœur du développement durable. À l'aide de l'agenda 21 - véritables plans d'actions de la politique de développement durable des collectivités - les réseaux de villes et les communautés urbaines sont à même d'exprimer les besoins et de mettre en œuvre des solutions. Pour cela, les collectivités territoriales peuvent coopérer avec les entreprises, les universités (et les grandes écoles en France), ainsi qu'avec les centres de recherche, pour imaginer les solutions innovantes de demain. Les agendas 21 locaux sont réalisables à l'échelle d'une commune, d'un département, d'une région, d'une communauté de communes ou d'une communauté d'agglomération.

Vendredi 28 Novembre 2008
Fabrice Dalongeville
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