Il fallait le voir, engoncé dans un costume bleu clair, la cravate et la ceinture ajusté au dernier cran pour veiller à ce que ni le ventre ni le double menton ne débordent d'enthousiasme. Visiblement mal à l'aise, le préfet de l'Allier Patrick Pierrard ne gardera pas un bon souvenir de sa rencontre avec les maires ruraux réunis en congrès annuel, en ce samedi 18 octobre, dans les confins du pays bourbonnais. Le pauvre, il n'a pas supporté la franchise d'élus de la République pourtant habituellement si patients, si bien élevés lorsqu'il s'agit du protocole républicain.
Il ne fallait tout simplement pas dire aux maires que l'Etat et les collectivités locales avaient la même façon de gérer leur budget, la même fâcheuse habitude à financer par l'endettement le fonctionnement de leurs administrations. Non. Tout comme il était très fâcheux de ne rien dire sur le texte de loi sur la santé qui sera présenté ces jours-ci en conseil des ministres.
Une occasion manquée par le représentant de l'Etat qui aurait pu se montrer beaucoup plus habile. De la finesse, que diable, lorsque l'on à rien à dire.